W3C : des normes pour un web puissant, au service de tous

27 novembre 2017

Du 6 au 10 novembre 2017, le Groupe BPCE a participé au TPAC*, la réunion annuelle du World Wide Web Consortium (W3C). Fondé et mené par l’inventeur du web, Sir Tim Berners-Lee, le W3C est une communauté internationale dans laquelle ses membres et le public travaillent ensemble pour développer les standards du web.

On retrouve au sein du W3C, les géants du web et de l’informatique, des spécialistes en cryptographie, des experts et chercheurs issus de domaines aussi variés que l’automobile, la recherche spatiale, l’édition numérique, les télécommunications et la banque.

 

Le Groupe BPCE, seule banque commerciale au monde membre du W3C

Le Groupe BPCE a rejoint le W3C en 2014, à l’occasion d’une conférence située à Paris, sur le thème «How do you want to pay ?». Pour y participer, se souvient Cyril Vignet**, responsable Coordination Blockchain au sein du Groupe BPCE alors responsable de projets de R&D dans les paiements, une seule obligation : rédiger un position paper afin d’exprimer sa vision et ses réflexions. « Cette condition était l’assurance de réunir 80 participants, tous dotés d’une expertise dans le domaine des paiements et d’encourager les échanges. C’est là toute la richesse de cette organisation ».

Depuis, Cyril Vignet contribue régulièrement à deux groupes de travail, le Web Payments Working Group et le Web Commerce Interest Group dont les objectifs sont de fluidifier l’expérience utilisateur des paiements sur le web en proposant des normes compatibles avec tous les systèmes possibles : cartes, virements et prélèvements, cryptomonnaies, mais aussi systèmes propriétaires. Le Groupe BPCE est également membre de l’Advisory Committee du W3C.

 

Le TPAC, un événement prospectif…

A l’occasion du TPAC, tous les contributeurs, issus des différents groupes de travail, se sont retrouvés à San Francisco pour restituer leurs travaux et échanger. Cyril Vignet a présenté, dans ce cadre, l’avancement des travaux sur la Credit transfer payment method dont le Groupe BPCE est co-éditeur de la norme en cours de spécification.

Il a également participé au groupe Verifiable Claims sur le sujet de l’identité numérique, ses attributs et leur vérification, dans le respect de la vie privée des utilisateurs. « Aujourd’hui, il est difficile d’accéder à des services sur le web sans avoir à délivrer son identité numérique, explique Cyril Vignet. Or, les critères qui garantissent sa confidentialité sont fragiles. Les GAFAs s’appuient, pour l’instant, sur l’identité au moyen du paiement et donc implicitement sur l’identité bancaire. Mais nombreux sont les services où seule l’adresse e-mail fait foi… Quand on sait qu’il est possible de créer des milliers d’identités numériques en quelques minutes, il est facile d’imaginer aussi les risques d’industrialisation de la fraude, prévient-il. Pour protéger l’identité numérique, la technologie de la blockchain, décentralisée et souveraine, peut être intéressante. Elle introduit la notion de garant. L’identité est partagée au sein d’une communauté mondiale et confirmée par ses différents acteurs. »

 

… où l’esprit démocratique prime

Cet événement était aussi l’occasion d’expérimenter de nouvelles méthodes de travail, « Nous étions 40 personnes à participer à la même réunion, dont peut-être 5 seulement anglophones de langue maternelle, raconte Cyril Vignet. Chacun était muni d’un ordinateur connecté au chat de la réunion et pouvait s’exprimer indifféremment à l’oral ou à l’écrit. Mais, au préalable, les participants devaient s’inscrire dans la queue du chat en saisissant sur le clavier « q+ ». Charge ensuite au chair de distribuer la parole et de restituer par écrit en temps réel les interventions. Avec ce type de méthode, tout le monde a accès à la parole. C’est un système qui se veut respectueux de tous, peu importe son aisance avec la langue, sa ferveur polémique, sa position hiérarchique et son poids économique. »

 

Des architectes du futur, loin du buzz médiatique

« L’élaboration de normes est un travail de longue haleine, dont les résultats mettent parfois plusieurs années à aboutir, mais y participer est très enrichissant, indique Cyril Vignet. Cela permet de savoir comment les grands acteurs se positionnent sur une problématique donnée, de découvrir les travaux d’acteurs coopératifs qui viennent partager leurs réflexions avancées, voire même leurs concepts de projet. C’est le cas, par exemple, de Sovrin, une société qui rassemble des experts de très haut niveau autour de l’identité numérique via la blockchain. Cela permet d’accéder à des équipes brillantes, avec des concepts brillants, loin du buzz médiatique. Ce qu’ils proposent, leur manière de concevoir le futur, nous apprend énormément sur leur vision du monde et sur ce qui sera, peut-être, le monde de demain », conclut Cyril Vignet.

 

* Technical Plenary/Advisory Committee Meeting
** Cyril Vignet travaille depuis plusieurs années sur les aspects de confiance numérique dans les paiements et les activités bancaires. En 2008, il a lancé le projet SEPAmail qui se concrétise à ce jour autour de trois grands services : paiement de facture, mobilité bancaire et contrôle d’identité bancaire.

 

Pour aller plus loin :

2ème édition du rapport de l’AGD : La donnée, une infrastructure essentielle ?