Sans surprise mais incontournable : le CES 2017, un millésime de transition

18 janvier 2017

Sans surprise mais incontournable : le CES 2017, un millésime de transition.

 

Le Consumer Electronics Show (CES) vient de fermer ses portes en laissant derrière lui une impression d’inachevé avec un goût de revenez-y ! Car dans le secteur de la tech, ce rendez-vous mondial reste incontournable.

Rien de révolutionnaire, mais des avancées certaines en attendant … le CES 2018 ! Voilà le sentiment de Jean-Michel Reynoird, responsable des partenariats fintech du Groupe BPCE. « 2017, c’est une année de transition », explique-t-il. Deux thèmes ont fait fureur durant l’évènement qui s’est déroulé du 5 au 8 janvier 2017. « Si la réalité virtuelle et la réalité augmentée ont fait l’objet de nombreuses démonstrations, elles doivent encore franchir d’importantes barrières technologiques avant de s’imposer. Quant à l’intelligence artificielle, deuxième coqueluche de cette édition 2017, elle promet de s’immiscer progressivement dans notre vie quotidienne », poursuit-il.

« Le rendez-vous des grands industriels »

Grand mélange de nouveautés et de déjà-vu, le CES, qui se tient à Las Vegas chaque année, est à la fois une exposition de génial et de farfelu, une présentation de concepts disruptifs et accessoires, c’est selon. Roi une année, un produit peut être relégué à l’arrière-plan l’année suivante pour disparaître ensuite dans les méandres du désert californien. Au CES, c’est ainsi : une idée chasse l’autre. Il faut savoir saisir l’air du temps. Mais pour s’imposer, une seule solution se dessine véritablement. Il s’agit de proposer le tryptique gagnant : une technologie au point, une valeur ajoutée suffisamment forte pour créer un nouvel usage et un produit industrialisable à coût acceptable. Certains prototypes sortent clairement du lot et la french tech, présente en force cette année, prouvait encore une fois que l’écosystème de start-up français est riche et florissant. Logées dans une zone dédiée, les start-up n’ont pas manqué de faire parler d’elles. Néanmoins, le CES reste avant tout le rendez-vous annuel des grands industriels. L’endroit idéal pour jauger des capacités de ses concurrents ; l’endroit idéal pour faire une annonce stratégique. Un salon mondial qui n’a pas d’équivalent.

« Intelligence artificielle, la machine est lancée ! »

C’est Alexa, l’intelligence artificielle de Amazon Echo, l’assistant personnel à commande vocale d’Amazon qui a raflé la mise. « Conçue pour être constamment enrichie de fonctionnalités nouvelles par des développeurs externes (à l’instar d’un Apple Store), Alexa, intégrée à de nombreux objets, peut désormais répondre à plusieurs milliers de requêtes… bluffant ! », relate Jean-Michel Reynoird. L’intelligence artificielle (IA) était indéniablement l’un des deux thèmes phare du CES. Privée d’une définition précise, elle recouvrait aussi une large palette de produits aux degrés de sophistication très variables. « Tout le monde présente des ‘smart-products’ (produits intelligents). Mais peu d’entre eux sont réellement intelligents », explique Jean-Michel Reynoird. Car derrière le sigle IA, il y a surtout le mot « intelligence », soit la capacité, pour un produit technologique, à analyser et à interpréter une information qui lui parvient de façon à élaborer une réponse appropriée. « De belles avancées sont visibles dans la compréhension par la machine du langage humain, mais il reste encore des progrès à faire sur la pertinence du traitement de l’information », décrit-il. Il n’en reste pas moins que les robots conversationnels et de manière très concrète, la commande vocale, semblent disposer de toutes les qualités pour passer à la vitesse supérieure et s’inviter dans la vie de tout un chacun. Aussi, Samsung, Amazon et MasterCard ont présenté un prototype de réfrigérateur capable de commander et payer des produits. La démocratisation d’assistants personnels avec lesquels il est possible d’interagir à la voix, ouvre ainsi de nouvelles opportunités dans le marché des moyens de paiements qui poursuit ainsi sa dématérialisation déjà fortement avancée avec le paiement sans contact, qui progresse également de son côté.