Retrouvez le billet Linkedin d’Yves Tyrode #4

19 mai 2017

La révolution numérique ? Ce sont les hommes et les femmes qui la font !

La révolution ? Ce sont les hommes et les femmes qui la font. Ils sont au cœur de la bataille et rien n’est possible sans leur implication. Et parce qu’on ne mène pas une transformation sans lucidité – quant au chemin qui reste à parcourir et aux changements qu’il convient de mettre en œuvre – il me semble incontournable de recourir à l’analyse de la data. Car cette analyse permet à l’entreprise une prise de conscience de ce qui va et de ce qui ne va pas, des compétences dont elle dispose et qu’elle ne voit pas, et celles qui lui manquent et qu’il est impératif de faire venir de l’extérieur. Oui, se transformer c’est trouver cet équilibre. Le sang neuf est utile à une remise en question profonde des pratiques et nécessaire à l’évolution de ses métiers. Des profils très pointus tels que des data scientists, des spécialistes de l’UX et des développeurs sont devenus indispensables. Cela doit s’accompagner par la montée en puissance de talents en interne maîtrisant les technologies, souvent cachés dans l’organisation faute d’outils de détection pertinents.

« L’analyse de la data permettant de repérer les irritants du quotidien pour les porter à la connaissance des managers et mieux les gérer »

Grâce à la data, l’entreprise peut désormais, si elle s’en donne les moyens, découvrir des talents, former de façon adéquate les potentiels dont elle a ou aura besoin et construire ainsi des parcours professionnels appropriés à chacun. L’entreprise gagnerait indéniablement en efficience. Parce que la formation (absolument essentielle !) serait plus adaptée au profil du collaborateur. Parce que les qualités et les capacités du salarié se verraient révélées et valorisées de façon plus systématique, favorisant ainsi son épanouissement professionnel et sa mobilité interne. Enfin, parce que les conditions de travail des employés s’en trouveraient améliorées, l’analyse de la data permettant de repérer les irritants du quotidien pour les porter à la connaissance des managers et mieux les gérer. C’est quelque chose qu’Amazon et Google font très bien. Au passage, l’analyse de la data a le mérite de pouvoir identifier les signaux faibles à l’origine du turnover des effectifs.

« Il n’y a aucune raison de ne pas écouter ses collaborateurs comme on écoute ses clients »

Mais c’est un fait. Amazon ou encore booking.com connaissent mieux les collaborateurs d’une entreprise que l’entreprise ne les connaît elle-même ! Car, oui, toutes les entreprises travaillent la data pour mieux connaître leurs clients et mieux les servir mais elles sont encore peu nombreuses à collecter et à analyser les informations concernant leurs salariés pour ajuster leur méthodes de management, leurs offres de formation ou leur dispositif de gestion des talents. D’après le baromètre 2017 de l’ANDRH – Féfaur – Cornerstone, elles ne seraient que 7,5 % à utiliser les technologies du big data dans le cadre de la gestion des ressources humaines (mais plus de 50 % lorsqu’elles ont plus de 10.000 salariés). Sans doute par inquiétude quant à la confidentialité des données personnelles. Evidemment, il n’est pas question de sous-estimer le sujet du partage des données qu’il convient d’encadrer clairement. Encore sensible, il doit faire l’objet d’échanges très transparents entre toutes les parties prenantes : salariés, représentants du personnel, managers, dirigeants. Sans ambiguïté aucune quant à la propriété des informations personnelles et à leur usage. Mais cette réticence vis-à-vis de l’exploitation de la data dans l’entreprise vient, plus probablement, du fait qu’elle bouscule les pratiques par le caractère innovant qu’elle installe, durablement, dans le paysage du management. Pourtant, il n’y a aucune raison de ne pas écouter ses collaborateurs comme on écoute ses clients. L’équilibre d’une entreprise passe autant par la considération des besoins du collaborateur que ceux du client et tient à la symétrie dans le comportement qu’elle adoptera vis à vis de chacun d’entre eux.

© Photo : GETTY IMAGES / TARIK KIZILKAYA