FrenchWeb à la rencontre d’Yves Tyrode lors du Web Summit 2017

4 décembre 2017

L’équipe de FrenchWeb a rencontré Yves Tyrode, directeur général en charge du digital du Groupe BPCE, lors du Web Summit 2017 à Lisbonne.

 

Quels sont vos grands chantiers actuels ?

L’un de nos sujets majeurs est l’amélioration de l’expérience client. Nous avons ouvert plusieurs chantiers, notamment la refonte complète de nos espaces client sur mobile, avec des accès simples, tels que l’empreinte digitale, et la possibilité de gérer l’ensemble des fonctionnalités sur sa carte bancaire. Ce que l’on veut maintenant, c’est aller plus loin et faire en sorte que nos banques – Banque Populaire et Caisse d’Epargne – aient le même niveau d’ergonomie que les pure players des néobanques. Et offrir, bien sûr, tout ce qui fait notre métier de banquier.

Sur le marché des entreprises, nous pensons que les personnes morales ont besoin d’avoir les mêmes niveaux d’interface, les mêmes facilités d’usage que ceux que nous offrons au grand public.

En termes d’écosystème, comment vous positionnez-vous auprès des acteurs du logiciel, du service qui ont besoin de s’interfacer avec vos bases de données ?

C’est une question fondamentale, celle de l’ouverture avec des APIs et avec tous les standards classiques du monde du digital, tout en garantissant la sécurité. Qui dit ouverture au système bancaire, dit qu’on soit capable d’avoir dans ces APIs de l’authentification forte. C’est pour nous un sujet clé technologique.

 

Comment transformer aujourd’hui trois entités (Banque Populaire, Caisse d’Epargne, Natixis) et les mettre au goût du jour ?

C’est une transformation globale autour de trois axes : clients, collaborateurs et acteurs de l’écosystème. Nous avons 5 grandes plateformes (clients – particuliers et entreprises -, digital agency, collaborateurs, data, partenaires) qui sont les mêmes pour nos trois marques et nous personnalisons ensuite. Pour les mettre en place, nous avons créé un écosystème, avec une équipe dédiée, une factory et des Digital Champions partout en France. C’est ce qui nous permet de développer une multitude de nouveaux services très vite. Nous sommes près de 500 personnes aujourd’hui au digital, nous avons recruté des UX et recherchons actuellement des product owners et des data scientists.

Nous avons deux convictions. Premièrement, on ne veut pas développer trois fois les mêmes services. On veut le faire sur les mêmes plateformes. Deuxièmement, on ne veut pas réinventer des solutions qui sont déjà développées par des tiers et c’est pour cela qu’on veut s’intégrer dans les écosystèmes.

 

FrenchWeb est à Lisbonne pour le Web Summit, qu’es-tu venu chercher ici ?

C’est l’occasion de partager sur la transformation digitale et sur l’open innovation avec de nombreux homologues d’industries différentes. Nous avons beaucoup de similitudes, même si nous avons une spécificité dans la banque : la sécurité et la confidentialité, qui sont plus fortes que dans les autres secteurs.

 

À l’heure des néobanques, quelle est votre action dans le domaine ?

Nous avons également notre néobanque, Fidor, qui opère en Allemagne et nous sommes en train de la tester en France en mode bêta. Nous ne voulons pas créer une n-ième néobanque, mais amener un modèle différent, pour toutes les communautés technophiles, les techies et les start-ups notamment. Cela sera très complémentaire à la rénovation complète de nos espaces mobiles Banque Populaire et Caisse d’Epargne. Le principe de Fidor : c’est la communauté qui construit sa banque. Donc difficile de vous dire aujourd’hui ce que la communauté française va vouloir… Mais je sais qu’en Allemagne, grâce à cette communauté, on a inventé FinanceBay, qui est un peu l’Apple Store de toutes les fintechs. Avec Fidor, on va jouer le jeu jusqu’au bout : ceux qui rejoignent la communauté nous disent ce qu’ils veulent et nous le mettrons en œuvre ensuite.

 

Retrouvez l’interview vidéo réalisée par FrenchWeb !

 

Pour aller plus loin :

Web Summit 2017
Runway to Web Summit : un avant-goût de Lisbonne